LES ETHNIES MINORITAIRES AU VIETNAM

Le Vietnam est riche de 54 ethnies possédant une culture, une histoire différentes. Il en résulte l’un des plus complexe environnement humain de l’Asie du Sud-Est. La principale ethnie, les Kinh (Viet) représente 87% de la population totale du Vietnam. Les autres ethnies, soit 8,5 millions d’individus, vivent dans la plaine, les hauts plateaux et dans les régions montagneuses, surtout à l’ouest du pays, le long des 2/3 de terres frontalières. Les différents groupes ethniques varient en nombre, allant de 1000 à 200 personnes. Les 10 ethnies les plus importantes constituent à peu près 85% de l’ensemble des minorités ethniques. On retrouve quelques unes de ces ethnies au sud de la Chine, au Cambodge, au nord de la Thaïlande et au Myamar. Quant à l’origine de la répartition, de la subdivision et des traditions des différentes ethnies, elle reste encore incertaine. La dénomination de ces ethnies varie dans nombre de cas : Vietnamiens, Chinois, Français, et Anglais les désignent différemment.
La classification des différentes ethnies se fait selon leur critère linguistique dans 3 grandes familles linguistiques : austro-asiatique, austronésienne, sino-tibétaine^-Il existe, de plus, des dialectes régionaux. Ainsi, les ethnies minoritaires utilisant la même langue ont souvent des qeqtoftiés différentes.
Aussi, la classification des ethnies se basant seulement sur la langue parlée reste imprécise. Elles devraient être classées selon la parenté linguistique, leur implantation géographique, la situation de leur habitat, la structure socio-politique, et les costumes traditionnels.

Histoire politique et administrative :
Avant la domination française (1859-1954), les ethnies vivaient selon des organisations sociales différentes, soit en communautés rurales ou sous un système féodal où une minorité, bien sûr, dominait les autres.
Sous la domination française, elles devaient exécuter des travaux sans rémunération et étaient assujetties à de lourds impôts. Comme de nombreuses ethnies, celles de Sa Pa (particulièrement les H’mong) immigrèrent à l’intérieur du pays pour rejoindre les groupes de résistance formés de plusieurs ethnies. Durant les 40 années précédant la Révolution d’Août 1945, les Français furent confrontés à sept révoltes des minorités.
Entre 1945 et 1975, le gouvernement vietnamien obtient la coopération des ethnies minoritaires dans la guerre de réunification. Elles acquérirent la garantie de l’égalité des droits avec les Kinh. En 1960, les relations entre le gouvernement vietnamien et les ethnies du Nord se resserrent quand celui-ci décréta une politique officielle pour les ethnies minoritaires basée sur un principe d’autonomie inspirée du modèle soviétique. Le gouvernement établit deux régions autonomes au nord et au nord-est du pays dirigées par un conseil du peuple, et une administration propre dans lesquels les différentes ethnies étaient toutes représentées proportionnellement. Ces régions autonomes furent abolies après la réunification.
L’implication des ethnies, pendant les 2 guerres d’Indochine contribua à leur intégration dans la vie politique, économique et sociale du pays. La Constitution de 1981 contient d’ailleurs leurs droits politiques et civils. Aujourd’hui, le gouvernement préconise un programme de sédentarisation des ethnies minoritaires pour les intégrer davantage à la vie nationale.
Elles sont représentées à l’Assemblée Nationale : en 1987, 14% des députés étaient issus des ethnies minoritaires, équivalant à leur pourcentage dans la population totale.
D’autres institutions politiques existent où siègent les ethnies minoritaires: le Comité national pour les Affaires ethniques et les régions montagneuses; les ethnies minoritaires participent également aux comités politiques et civils des provinces et districts.

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